L'histoire religieuse de la Côte Sainte-Catherine

Le prieuré Saint Michel

Il y a 6 000 ans, ce lieu élevé au dessus du fleuve et de sa vallée a certainement attiré l'homme du néolithique qui aimait s'installer sur les rebords de plateau. Les silex taillés et les haches polies ramassés sur les labours des fermes de Bonsecours et du Mesnil-Esnard en sont les preuves. Des tessons de poteries gallo-romaines ont également été trouvés lors de sondages archéologiques.

Mais c'est au Xème siècle que sera construite à mi-pente une petite chapelle dédiée à l'archange Saint Michel, formant un prieuré mentionné dans une charte de Richard Il en 996. Le nom de Mont Gargan donné au quartier situé au bas de la colline, viendrait d'une déformation du mot archange (mons archangelus). Il copie ainsi le "Monte Gargano" de la région des Pouilles dans l'Italie du Sud sur lequel était érigée une chapelle rappelant un miracle impliquant l'archange Michel et un berger.

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Le prieuré Saint Michel – Par Jacques Le Lieur en 1524

L'Abbaye Sainte-Catherine

Ce prieuré relativement modeste, fortifié sommairement par Montgommery lors du siège de Rouen en 1562 par Charles IX, fut détruit à plusieurs reprises lors des invasions normandes. Le dernier mur tombera en 1870. II reste actuellement des vestiges enfouis de la dernière chapelle qui figurait encore sur une gravure de Bacheley en 1767. 

En 1030, Gosselin d'Arques, vicomte de Rouen, décida de fonder un monastère sur le Mont de Rouen, dédié à la Sainte Trinité. A la même époque, Raoul de Tancarville, chambellan du Duc Robert, fondait le monastère de Boscherville. Un moine syriaque du nom de Siméon, que la tradition dit avoir été envoyé par le fameux monastère de Sainte-Catherine du Mont Sinaï, passa à Rouen à cette époque. Il reçut l’hospitalité du duc et de Gosselin. Il portait des reliques d'une martyre, Sainte Catherine d'Alexandrie, dont il offrit une partie à l'établissement religieux. Ces reliques avaient de multiples pouvoirs : elles guérissaient  de la suette, de la rage, de la stérilité féminine et même de la rage de dents (l’abbé de la Trinité, Isambert, aurait été un des premiers à en être guéri). Elles furent l'objet d'une vénération aussi rapide que soutenue au cours des siècles. Les pèlerinages se succédèrent sans interruption apportant une grande notoriété à l'abbaye qui prit le nom de la sainte.

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Abbaye Ste-Catherine, coté Nord, d'après le Livre des Fontaines en 1525 

© Jacques TANGUY - Avril 2005